Le 6 septembre 2009 les Jeunes Démocrates des Alpes-Maritimes ont vécu autour de leurs aînés du Mouvement Démocrate les résultats de l'élection cantonale partielle du 6è canton niçois.
Sans détour, les résultats nous ont choqués : 77 % d'abstention. Comme toujours un tel dénie de citoyenneté a donné aux extrêmes l'opportunité de réaliser des scores troublants et à l'UMP de s'imposer lourdement. Ce n'est pas nouveau, mais c'est de pire en pire. Avec ces scores qui s'installent (malgré une campagne honnête intellectuellement et pédagogue du candidat Mouvement Démocrate Fabien Bénard) la République donne une légitimité à des idées violentes, ouvertement racistes. Les Jeunes Démocrates ne peuvent y rester insensibles et cette élection dans le département est vécue comme un déclic.
Nous souhaitons lancer un cri d'alarme !
Pour commencer Florent et Pierre-emmanuel ont souhaité s'exprimer. Vous trouverez leurs textes à la fin de ce message.
Ensuite, nous commençons l'élaboration d'un tract "de réveil" qui sera distribué dès que possible auprès des jeunes.
Enfin, le 4 octobre l'équipe de Génération Engagée sera dans notre département pour débattre autour de nous tous, adhérents et militants du Mouvement Démocrate, sur ce thème de l'abstention : les causes et les conséquences.
Dans les Alpes-Maritimes, notre cadre politique est grippé. C'est à nous tous de le soigner ! Je suis sûre que vous ne resterez pas muet lorsqu'il s'agira de distribuer le tract et de venir débattre autour de Génération Engagée, et pour la suite ! Car le chemin est long. contact@jeunes-democrates06.org
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Nice, le 7 septembre 2009
Chers amis,
C'est avec une grande déception, que nous avons appris hier soir, le résultat de notre candidat, Fabien Benard, aux élections cantonales partielles dans le 6ème canton.
Au delà, de cette cette désillusion, c'est le manque d'intérêt pour ces élections ainsi que la poussée des extrêmes qui sont inquiétants. En effet, avec seulement 22% de participation, on peut se poser des questions sur la légitimité d'une telle élection. Alors comment comprendre se désintéressement flagrant de la politique, voilà une question que toute la classe politique devrait se poser, pour ne plus connaitre de telle parodie de démocratie. Mais par le silence de certains et les conditions d'organisation de cette élection, on peut se demander si ce désintérêt n'était pas souhaité par quelqu'un.
Quoiqu'il en soit le résultat est là, et ce sont les extrêmes qui en ont profité en jouant sur la crainte et la misère des gens. Ce qui n'est vraiment pas très glorieux de leur part. Avec un front national à 7,82% et des identitaires Nissa rebela à 7,68%, l'extrême droite retrouve à Nice des scores similaires à ceux de 2002, les Français n'ont alors pas retenu le leçon d'un deuxième tour entre Le Pen et Chirac dont l'origine était une faible mobilisation des électeurs, apparemment non. Il ne faut pas oublier que ces personnes prônent la haine de l'autre et défendent des valeurs contraires à l'esprit républicain sans que quiconque ne s'alarme. Il ne faut pas non plus oublier le score non négligeable de l'extrême gauche qui est tout aussi inquiétant.
Alors maintenant, chacun doit prendre ses responsabilités dans le camp républicain, pour dire NON à cette progression !!! Nous les Jeunes Démocrates nous prendrons les nôtres en continuant à sensibiliser les gens aux dangers de l'abstention, en défendant un modèle de société humaniste, solidaire, écologique opposé à tous les extrêmes !!!
Mais retenons aussi les points positifs pour nous de cette campagne, qui sont nombreux. Riche d'une équipe nombreuse et motivée, nous avons certainement réalisé une des plus belles campagnes jamais organisées dans notre département. Nous pouvons féliciter Fabien et Sandrine, ainsi que toute l'équipe de campagne, pour tout le travail effectué sur le terrain. Ils ont mené une campagne honnête, intègre contre le cumul des mandats, contre le clientélisme, en étant la voix de la vérité et en proposant un programme réalisable qui ne tenait compte que des compétences du Conseil Général. Même si ces efforts n'ont pas été récompensé comme ils devaient l'être dimanche soir, nous, Jeunes Démocrates, sommes persuadés que le MoDem récoltera très bientôt les fruits de ce travail. Nous savons que notre mouvement est jeune et que les succès se construisent dans le temps...
C'est pourquoi, malgré ce score qui ne répond pas à nos attentes, nous, les Jeunes Démocrates, nous devons continuer à avancer, construire, proposer, débattre, organiser notre parti et aller à la rencontre de la population, tout cela en étant patient et rassemblé, c'est comme ça que nous y arriverons !!!
Jeunes Démocrates gardons notre enthousiasme intacte, continuons à nous battre, à militer, à aller sur le terrain rencontrer les Français et notamment les jeunes, il faut leur redonner confiance en la politique.
Et ensemble, nous connaitrons de meilleurs moments, parce que nous savons qu'après la tempête vient le beau temps...
Amicalement.
Florent Vergnes
florent.vergnes@hotmail.fr
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Le blues de la démocratie
Il est toujours difficile d'analyser un résultat électoral, surtout avec une participation de 22% et le goût amer de la défaite encore en bouche. Toutefois, la sévérité du résultat me force à prendre la plume pour essayer de comprendre et surtout de tirer au mieux les enseignements de cet échec. Bien évidemment, on peut douter de la légitimité de ces résultats lorsque l'on sait qu'ils ne reflètent qu'une frange marginale de la population. Mais ceci nous enseigne aussi que notre électorat, en tout cas celui de 2007 a tendance à s'abstenir, dégoûté de l'inefficacité des partis traditionnels et des oppositions mesquines ; et c'est à nous de le ramener aux bureaux de vote, de lui redonner la foi. En voyant les 40% du candidat UMP-Nouveau Centre on peut bien évidemment en conclure que le soutien quasi-unanime de la municipalité et de la majorité a réussi. Nous ne reviendrons pas sur le battage médiatique qui a suivi la rénovation des écoles, les trottoirs qui n'ont jamais été aussi propres dans le 6ème canton, les meetings à grand frais de pissaladières et de tourtes de blettes. Qui doute encore qu'il arrive à certain de voter avec leur ventre? Le faible score des forces d’opposition modérées, et les résultats impressionnants des extrêmes sont par contre beaucoup plus alarmant. Face à une crise économique qui inquiète, l'étranger devient le coupable aussitôt désigné. et dans cette conjoncture, les idées racistes du Front National et les slogans « la socca plutôt que le kebab » ou » 100% anti-racaille » ont fait mouche. Mais à quel prix? Bien sûr, il faut s'attaquer à la violence, aux trafics et aux zones de non-droit, mais en stigmatisant l'intégralité d'une population, voire en l'excluant tout net (soupe au cochon), on brise ce qui a fait la force de la France tout au long de son histoire: le vivre ensemble autour de valeurs communes. Jamais notre devise (liberté-égalité-fraternité) n'a été aussi pertinente, mais certains croient visiblement que la fraternité n'est qu'un vain mot, le reliquat d'un romantisme désuet. Je me refuse toutefois à croire que les électeurs qui ont choisi hier les extrêmes partagent ce type de raisonnement. Comme les 78% d'abstentionnistes, ils ont juste adressé un appel au secours aux hommes politiques qui les ont oubliés. Je ne serais d'ailleurs pas étonné que ces électeurs rejoignent la majorité abstentionniste dimanche prochain. Cet échec doit nous servir de leçon, quelques jours de campagne ont suffi à me convaincre qu'aucun effort n'a été fait pour lutter contre la violence et contre la peur de l'autre. Des commissariats ont été mis en place, mais comme le soulignait à juste titre Hervé Caël sur son blog il y a peu, le grotesque supplante le ridicule lorsque l'on sait que les policiers ne sont pas chargés d'aller sur le terrain ( sans qu'il soit besoin d'évoquer la déconvenue de l'affaire tazer). Comme sur le plan national, nous avons affaire à une majorité qui annonce beaucoup, voire trop et agit peu, voire pas. Les partis politiques traditionnels et leurs représentants en général ne sont donc pas exempts de responsabilité. En jouant la carte de l'identitaire, de la stigmatisation, et sur le plan local d'une pseudo-nissartitude, ils ont laissé se développer des idées qui aujourd'hui les dépassent! En s'abstenant ( eux aussi) de mettre en place les relais pédagogiques nécessaires à l'apprentissage de la culture et de l'histoire niçoise, ils ont laissé place nette à tous les fantasmes et les extrapolations. Appuyé sur une vie associative importante ( fêtes populaires, tournois de pilous) et des relais dans toute la ville (Lycées, Stade…), les groupes identitaires pourtant dissous par le passé manipulent allégrement une jeunesse niçoise en mal de repères, et d’identité. L’indépendance n’a visiblement jamais été aussi sexy, même quand elle est défendue par des leaders aux noms cruellement français ! Nous aurons bien sûr l’occasion plus tard, de commenter point par point les arguments de Nissa Rebela, sans leur accorder pour le moment un crédit et une influence qu’ils n’ont pas. La culture niçoise est belle, elle ne doit pas être oubliée et encore moins caricaturée! Pour lutter contre la haine, c'est la connaissance en général qu'il faut soutenir, en créant des lieux, des groupes de rencontre entre les cultures, les religions, sans tomber dans l'exaltation du communautarisme; c'est de la méconnaissance que naît toujours la haine et le racisme. Le bon résultat de l'alliance d'extrême-gauche n'est pas non plus à négliger. L'avenir n'a jamais été aussi incertain, les délocalisations, les licenciements se multiplient et ce n'est pas avec des effets d'annonce ou des slogans d'un autre âge que nous vaincrons la crise. En rognant le modèle social français, qui nous permet pourtant selon la plupart des économistes de survivre à la crise, le gouvernement actuel plonge une bonne part de la population dans le désoeuvrement. A nous d'entendre ce cri et de présenter un programme fidèle à nos valeurs, privilégiant la solidarité à l'inégalité et l'humanisme aux intérêts de quelques uns. Bien sûr nous n'y parviendrons pas seuls, et il nous faut ainsi infléchir la dérive libérale de l'Europe. Quant au score des verts, bien qu'il soit loin de celui des européennes, il témoigne de l'intérêt que porte les français aux problèmes environnementaux. Une page unique dans l'histoire de France s'ouvre devant nous. Jamais la France et Nice n'ont eu autant besoin d'écologie, de solidarité et d'ouverture d'esprit. A nous de lancer la révolution humaniste! Pierre-Emmanuel GUIGO